Aventures Tourisme

Un tour de France cyclo au plus près des côtes et des frontières (1/2)

Un tour de France cyclo au plus près des côtes et des frontières (1/2)

Deux adhérents du Cyclo club d’Orvault (CCO) ont effectué un tour de France un peu particulier car au plus près des côtes et des frontières du territoire.

Serge Richard et Gérard Nouail sont partis le jeudi 1er juin 2023 pour 30 étapes jusqu’au vendredi 30 juin 2023. Nos deux aventuriers ont commencé le parcours vers le sud-ouest pour effectuer ce tour de France dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Pour mieux cerner le personnage de Serge, il faut savoir qu’il pratique le cyclotourisme depuis qurante-cinq ans et qu’il effectue en moyenne un kilométrage annuel de 22 000 km.

Voilà quelques chiffres de ce périple hors norme réalisé en entier par Serge Richard. Gérard Nouail ayant quitté l’aventure à Béziers.

  • 5 070 km parcourus.
  • 170 km par jour en moyenne.
  • 56 000 m de dénivelé soit 1 800 m en moyenne par jour.

Cols mythiques escaladés :

  • Aubisque
  • Tourmalet
  • Aspin
  • Peyresourde
  • Turini
  • Bonnette
  • Galibier
  • Télégraphe
  • Madeleine
  • Aravis

Pour des raisons pratiques, nous allons vous présenter ce récit d’aventure en deux parties. Laissons la parole à Serge.

Genèse de ce projet

Ce projet s’est imposé à moi il y a une trentaine d’années au vu de la proposition de l’US Métro. Il est resté en sommeil tant que j’étais en activité car je n’envisageais pas de bloquer un mois entier de mes congés pour réaliser ce périple. La retraite étant arrivée en début d’année, j’ai commencé à prévoir l’organisation de ce tour il y a un an.

J’en ai parlé autour de moi pour savoir si je pouvais prévoir un départ à deux ou trois. Un collègue de mon club (Cyclo club Orvault – 44) était intéressé, au début pour m’accompagner sur les premières étapes puis, au final, pour le tour complet.

La préparation

Nous nous sommes appuyés sur le parcours de l’US Métro pour tracer le circuit, mais en évitant toutes les grandes villes, à quelques exceptions près. Je l’ai prévu en sens anti-horaire : descente de Nantes vers les Pyrénées puis passage le long de la Méditerranée et remontée jusqu’à Dunkerque avant de redescendre le long des côtes normandes puis bretonnes. Nous avions mis deux limites aux étapes : pas plus de 210 km sur le plat et maximum 3 500 m de dénivelé pour les étapes de montagne. Cela peut paraître peu, mais il est important de ne pas oublier que le lendemain, il faut repartir…

À partir de là, j’ai recherché des hébergeurs de la Fédération française de cyclotourisme auprès des points d’étape prévus. Cela a permis de réserver quatre nuitées chez des gens avec lesquels nous pouvions partager une passion commune. Un autre hébergement était prévu chez un collègue du club et un dernier chez un ami. Pour les autres, nous avons recherché des locations sur des sites spécialisés en lignes.

Les hébergements n’étant pas systématiquement à l’endroit prévus, il a fallu reprendre les traces GPS de certaines étapes.
Les prestations étaient différentes d’un lieu à un autre : le petit-déjeuner pouvait être prévu, parfois le dîner. Il fallait donc anticiper les courses pour le dîner et le petit-déjeuner selon les cas, sans oublier qu’il est plus difficile de s’approvisionner le dimanche ! Mais la pratique m’a fait découvrir une autre réalité : une majorité de boulangeries sont fermées le lundi…

Pour synthétiser tout cela, j’ai créé un tableau Excel qui reprenait le nom de la trace GPS, la ville de départ, la ville d’arrivée, le kilométrage, le dénivelé positif, le dénivelé négatif, le temps de parcours estimé en fonction de la distance et du relief ainsi que les détails d’organisation (où faire les courses, en fonction du point d’arrivée et des communes traversées et les contraintes comme faire les courses le matin les dimanches). La dernière colonne indiquait les références de l’hébergement (nom, numéro de téléphone, adresse). Ce support s’est avéré très utile : je le recommande chaudement à ceux qui voudraient se lancer.

L’organisation

Pour le matériel, j’avais une sacoche sous selle de 14 litres avec le rechange pour l’arrivée, les tenues cyclistes de rechange, la tenue de pluie sans oublier un pneu de rechange… À cela s’ajoutait une sacoche de guidon avec un support décalé qui permettait d’utiliser l’intégralité du guidon pour se poser les mains, contrairement à certains systèmes qui sont attachés directement sur le guidon et bloquent ainsi le positionnement sur sa partie centrale.

Dans ce contenant se trouvaient les outils comme une paire de pinces, des câbles de rechange, des plaquettes de frein, du ruban adhésif, du fil de fer, de la ficelle, un petit flacon avec du CIF, une burette d’huile, une chaîne neuve. J’y avais aussi mis le nécessaire de toilette : déodorant, dentifrice, brosse à dents, savon, shampooing et mon appareil photo, sans oublier quelques pansements et une couverture de survie.
Mon équipement se terminait avec une petite sacoche sur le tube horizontal derrière la potence pour tout le nécessaire en cas d’incident mineur comme une crevaison (chambres à air de rechange, multi-outil, dérive-chaîne). Pour le GPS j’avais un Garmin Edge Explore 2 et une batterie externe pour en augmenter l’autonomie.

Je suis donc parti avec un vélo (Time Fluidity avec un triple plateau : 30-39-52 et 12-27 à l’arrière) qui pesait 19 kg, ce qui est tout à fait raisonnable… Je n’avais rien fait de particulier pour préparer le vélo en lui-même sauf le changement de roulement de la roue avant. La roue arrière n’a pas pu être faite avant mon départ car mon vélociste n’avait pas l’outil Mavic nécessaire pour réaliser l’intervention.

Tous les soucis logistiques étant résolus, il ne restait plus qu’à pédaler !


À suivre… Le prochain épisode est à venir samedi prochain soit le 4 novembre 2023. Un peu de patience…

Texte d’introduction : Jean-Pierre Giorgi – Récit et photos : Serge Richard