Publié le 3 août 2026
Au deuxième jour d’une Semaine fédérale, les habitudes ont déjà commencé à s’installer. Les réveils ont sonné un peu plus tôt. Les gestes se sont presque automatisés. Un café partagé entre voisins de camping, un dernier regard sur la météo – magnifique journée estivale prévue, mais avez des risques d’orage – un bidon rempli, quelques mots échangés devant le kilomètre zéro… puis chacun a pris la route.
Pour les participants, une journée placée sous le signe du patrimoine et de l’eau, direction la vallée de la Sarthe et quelques-uns des plus beaux villages de l’ouest de la France.
Les circuits route, de 49 à 155 kilomètres, emmenaient les participants jusqu’à Saint-Denis-d’Anjou, Sablé-sur-Sarthe, Solesmes, Malicorne-sur-Sarthe, Parcé-sur-Sarthe et Asnières-sur-Vègre. Les vététistes et les adeptes du gravel ont pris quant à eux la direction de l’Anjou Bleu, autour de Segré, sur des itinéraires plus confidentiels.
Là où le vélo prend le temps
Ce qui frappait aujourd’hui, c’est la douceur des circuits.
Les petites routes serpentaient entre les haies bocagères, traversaient des champs de blé moissonnés et longeaient des rivières qui semblent ralentir le temps. Sous un ciel qui grondait un peu, les vélos glissaient dans un silence seulement interrompu par le chant des oiseaux ou les conversations des groupes qui se formaient naturellement, couvrant souvent finalement le chant des oiseaux…
La Sarthe apparaissait par intermittence, toujours paisible. Les reflets dansant sur l’eau tandis que les premiers cafés ouvraient leurs terrasses dans les villages. Personne ne semblait pressé, et c’est précisément ce qui fait la magie du cyclotourisme.
Les Petites Cités de Caractère®, trésors de cette deuxième étape
La journée avait un véritable fil conducteur : partir à la rencontre de ces villages qui racontent l’histoire d’un territoire.
À Saint-Denis-d’Anjou, les cyclotouristes ont ralenti instinctivement l’allure. Les halles du XVIᵉ siècle dominent encore la place du village, les maisons anciennes dévoilent leurs façades de pierre, tandis que les venelles fleuries invitent à laisser le vélo quelques minutes pour poursuivre la visite à pied.
Surtout l’accueil a été formidable avec des décorations partout, des découvertes de l’artisanat, et de la fête ! Alors ils ont été des milliers à y faire une longue pause…
Quelques dizaines de kilomètres plus loin, Sablé-sur-Sarthe apparaissait au détour d’un méandre. Son château domine la confluence des rivières comme un point de repère pour les cyclistes qui arrivent de toutes les directions. Le point d’accueil n’a pas désempli non plus et les bidons se remplissaient, car il a fait chaud !
Puis les cyclotouristes sont arrivés à Solesmes, où l’abbaye bénédictine, fondée en 1 010, impose naturellement le silence, au bord de la rivière. Certains ont pris le temps de découvrir l’exposition consacrée à la vie monastique et cette atmosphère paisible avant de reprendre la route… mais ont-ils eu la chance d’entendre les célèbres chants grégoriens à défaut de pouvoir admirer ses sculptures Renaissance ?
Asnières-sur-Vègre était le point de passage des plus sportifs. Dans ses ruelles pavées, les vélos roulaient presque au pas. Les maisons médiévales, le Manoir de la Cour, les jardins fleuris et les façades parfaitement conservées donnent l’impression de traverser plusieurs siècles en quelques centaines de mètres.
Dans cette région, le patrimoine ne se visite pas : il se vit. Quelle superbe journée !
Une autre Mayenne pour les vététistes et le gravel
Pendant que les routiers découvraient les Petites Cités de Caractère®, les vététistes vivaient une tout autre aventure. Direction l’Anjou Bleu, où les chemins alternaient entre anciennes voies ferrées, sous-bois et chemins agricoles. Les anciennes mines d’ardoise et de fer racontent une autre histoire du territoire, et les parcours ont permis de découvrir les paysages façonnés par plusieurs siècles d’activité minière.
Demain, cap sur l’Anjou Bleu
D’ailleurs, c’est là que les parcours route nous mèneront ce mardi. Les participants quitteront progressivement les bords de Sarthe pour rejoindre les anciennes cités minières, ses paysages vallonnés et ses châteaux. Ils iront jusqu’à Renazé, Noyant-la-Gravoyère, Segré et le spectaculaire château de Challain-la-Potherie, souvent surnommé le « petit Chambord de l’Anjou ». Une journée où l’histoire industrielle croisera les grandes demeures angevines.
Et en soirée, la Fédération française de cyclotourisme remettra officiellement le label Territoire Vélo à Château-Gontier-sur-Mayenne, symbole de l’engagement de la ville en faveur du développement du cyclotourisme.
Texte : Bertrand Houillon – Photos : Anissa Sidi-Moussa, Cindy Martin et Bertrand Houillon