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Octobre Rose : le podcast « Tous en selle » met le vélo au service de la reconstruction

Dans le cadre d’Octobre Rose, le podcast « Tous en selle », soutenu par la Fédération française de cyclotourisme, propose un épisode sincère et touchant, qui montre que le vélo n’est pas qu’un sport.

Au menu de ce podcast : cancer du sein, vélo, confiance retrouvée et puissance du collectif. À travers le témoignage de quatre femmes engagées autour d’une initiative du Strasbourg Vélo Club, cet épisode rappelle que le cyclotourisme n’est pas seulement une pratique sportive : c’est aussi un formidable outil de reconstruction, de lien social et de prévention. De quoi donner envie de se mettre en selle, quelle que soit son histoire.

Un défi à 100 km pour reprendre la vie en main

Le point de départ de cet épisode est une initiative du Strasbourg Vélo Club : un défi cycliste de plus de 100 km entre Strasbourg et Mulhouse. 127 km pour certaines, une distance qui semblait impossible à imaginer au moment de l’annonce de la maladie.

Aux côtés de l’animateur Arnaud Manzanini, quatre voix se répondent. Sandra, 44 ans, opérée en mars après un diagnostic tombé en août. Virginie, 52 ans, atteinte en octobre 2023, qui a relevé le défi « pour se prouver qu’elle pouvait encore faire des choses ». Anne-Sophie, kinésithérapeute spécialisée, membre du réseau national des « kinés du sein », qui accompagne les patientes avant, pendant et après les soins. Et Claudine Lecestre, membre du comité directeur de la Fédération française de cyclotourisme, présidente de la commission Tourisme et Territoires et présidente du Strasbourg Vélo Club, à l’initiative du projet.

Leur histoire commune a commencé par un appel téléphonique. Claudine propose à Anne-Sophie d’organiser ce défi avec des patientes. La kinésithérapeute, qui imagine « des petits oiseaux qui sortent de chimio » incapables de pédaler 100 km, faillit raccrocher. Puis ses collègues la convainquent de rappeler : sept patientes disent oui dans la journée. Le défi était lancé.

Des anecdotes qui donnent des ailes

Au fil de l’épisode, les témoignages se succèdent et touchent droit au cœur.

Les lupins de la liberté

Après un hiver entier cloîtrée chez elle à cause de la chimiothérapie, Sandra raconte sa première sortie à vélo, huit semaines après l’opération, sans même pouvoir lever le bras. Des champs de lupins bordent le Rhin, et cette phrase qu’elle n’oubliera jamais : « Je me suis sentie libre sur ce vélo. » Le vélo devient libération, littéralement.

« Sandra, lâche les freins ! »

Dans une descente, Sandra, crispée sur ses freins, voit une amie la dépasser et l’inviter à lâcher prise. Elle essaie, elle réussit. Un petit événement parmi d’autres qui lui rend confiance en elle, kilomètre après kilomètre.

La chute de Sonia

Lors du premier défi (127 km Strasbourg–Mulhouse), une participante tombe lourdement. Anne-Sophie entend « son corps tomber sur le sol » et se précipite. Sonia la regarde alors dans les yeux : « Il est hors de question que je ne termine pas ce défi. » Genoux écorchés, une côte cassée — mais elle a terminé les 127 km.

Celle qui ne savait pas faire de vélo

Pour l’édition 2026, une patiente accepte le défi alors qu’elle ne sait littéralement pas pédaler. « Banco, on lui apprend », répond Claudine. Un double défi, relevé avec brio.

Les larmes de Claudine

À l’approche de Mulhouse, la présidente du club sent la gorge se nouer et se répète « respire, respire profondément », en redoutant qu’une seule chute ne gâche l’aventure. L’arrivée sera « un déferlement d’émotion », conclue dans les bras d’Anne-Sophie.

L’accueil des pompiers de Wissembourg

Lors de la deuxième édition (Strasbourg–Wissembourg), les pompiers de la ville, venus à vélo sirènes hurlantes, escortent le groupe dix kilomètres avant l’arrivée, puis lui font traverser la ville en musique. Un accueil grandiose pour une arrivée inoubliable.

Podcast Tous en selle

Le dépistage, un message prioritaire

Au-delà du récit sportif, l’épisode porte un message de santé publique fort : moins de 50 % des femmes se font dépister. Les participantes plaident pour l’autopalpation mensuelle, à raison d’une fois par mois, devant un miroir. « Vous êtes l’héroïne de votre vie, écoutez votre corps », résume Sandra. Son cancer, non visible à la mammographie, a d’ailleurs été détecté par sa propre palpation. Un rappel essentiel : plus un cancer est détecté tôt, moins les traitements sont lourds.

L’activité physique adaptée plutôt que « du sport »

Anne-Sophie tient à corriger un mot : après une maladie, on ne parle pas de « sport », mais d’activité physique adaptée. L’objectif est simple : bouger 30 minutes chaque jour, atteindre 150 minutes par semaine. « Le muscle est l’organe de la longévité », explique la kinésithérapeute.

Le vélo s’y prête particulièrement bien. C’est une position accessible même avec des cicatrices : Sandra a repris la pratique huit semaines après son opération, sans pouvoir lever le bras. C’est aussi une activité qui fait progresser vite : premier 10 km, premier 40 km, puis 100. Chaque palier renforce la confiance en soi. Et pour celles qui en ont besoin, le vélo à assistance électrique permet de participer sans se mettre en danger — Virginie a d’ailleurs réalisé son premier défi en VAE, avant de réussir le second en vélo musculaire.

La force du collectif

Le vélo a la réputation de sport solitaire. Cet épisode démontre exactement le contraire. Entre femmes qui ont vécu la même chose, « ça se parle tout de suite ». Un groupe WhatsApp, des entraînements le week-end, une entraide sur la mécanique (le club prête même des vélos), et surtout une bienveillance constante : lors du premier défi, celle qui roulait en VAE s’est positionnée pour protéger sa coéquipière du vent de face.

Résultat : une trentaine de participantes en 2026, dont 13 nouvelles. Claudine en est convaincue : le mouvement ne fera que grossir. Car au fond, tout a commencé par une phrase devenue philosophie : « Il faut pédaler dans les montées. » Autrement dit, il faut continuer à avancer, même — et surtout — quand ça grimpe.

Écouter l’épisode

Cet épisode spécial Octobre Rose du podcast « Tous en selle » est disponible sur votre plateforme d’écoute habituelle. Un épisode sincère et touchant, qui montre que le vélo n’est pas qu’un sport : c’est un outil de reconstruction, de confiance en soi et de solidarité. Comme le dit le slogan de la Fédération : à vélo, tout est plus beau !

Vous pouvez le regarder sur Youtube https://www.youtube.com/watch?v=CZWrRW6jM8g

Et si cet épisode vous a donné envie de vous lancer, sachez que les clubs FFVélo accueillent les cyclistes de tous niveaux, débutantes comprises. Il n’est pas nécessaire d’être une cycliste aguerrie pour découvrir ce que le vélo peut apporter. Renseignez-vous auprès du club FFVélo le plus proche de chez vous.

Texte et photos : Jean-Pierre Giorgi