Le vélo ne fait pas maigrir : le podcast de « Tous en Selle » casse le mythe

Faire du vélo pour perdre du poids : l’idée semble logique. Pourtant, de nombreux cyclotouristes roulent plusieurs heures par semaine sans voir la balance bouger. Explications…

« Le vélo ne fait pas maigrir » c’est ce mythe que casse l’épisode  du podcast Tous en selle, animé par Arnaud Manzanini et soutenu par la Fédération française de cyclotourisme. Avec son invité Loïc Lepoutre, coach et kinésithérapeute, l’épisode démonte sans détour les raccourcis qui circulent sur le vélo et la perte de poids. Voici ce qu’il faut retenir.

La perte de poids, une affaire de balance

Premier rappel, sans détour : la perte de poids obéit à une règle simple, celle de la balance entre apports et dépenses. L’énergie ne se perd pas, elle se transforme. Si vous dépensez plus que vous n’absorbez, votre corps ira puiser dans ses réserves. Dans le sens inverse, il stockera.

Le vélo n’échappe pas à cette règle. C’est un outil de dépense énergétique, pas une baguette magique. On peut rouler 8 à 10 heures par semaine et ne pas perdre un gramme si les apports suivent — ou dépassent — les dépenses.

Rouler à l’eau pour « s’affûter » : une fausse bonne idée

Nombre de cyclistes partent pour une longue sortie avec de l’eau dans les bidons et rien dans les poches, persuadés de « brûler du gras ». Grave erreur, explique le coach. Pour oxyder les lipides, l’organisme a besoin de glucides. Partir à jeun et sans ravitaillement déstabilise les mécanismes physiologiques, augmente la fatigue… et ne fait pas perdre plus de graisse. Ce que vous brûlez sur le moment, vous pouvez très bien le restocker dès le repas suivant, si la balance bascule du mauvais côté.

Les calories du compteur : fiables ou pas ?

Bonne nouvelle pour les équipés d’un capteur de puissance : l’énergie développée sur les pédales se mesure assez précisément, en kilojoules. Sur le plat, le poids du cycliste n’entre d’ailleurs pas en ligne de compte : une heure à 200 watts, c’est une heure à 200 watts.

Deux nuances, toutefois. Le rendement mécanique — la part d’énergie réellement transformée en force sur les pédales — varie d’un individu à l’autre, autour de 24 %. Un cycliste expérimenté, plus efficace, dépense donc un peu moins à puissance égale. Et une montre ou un compteur qui n’estime la dépense qu’à partir de la fréquence cardiaque reste très approximatif. Renseignez correctement votre profil, et gardez un regard critique sur ces chiffres.

En pratique : trois sorties d’une heure suffisent

L’exemple donné dans le podcast parle à beaucoup de cyclotouristes : un informaticien sédentaire se met au vélo pour réguler son poids… et en prend. En quelques semaines, son nombre de pas quotidien est passé de 3 000 à 600 : le vélo avait remplacé ses mouvements, pas ajouté de dépense.

La méthode conseillée est donc simple et compatible avec une vie de famille :

  • ajoutez deux à trois sorties d’une heure par semaine, dont une avec un peu d’intensité, sans rien changer d’autre à votre quotidien ;
  • observez vos habitudes alimentaires et votre activité quotidienne avant et après (marche, escaliers, jardinage) ;
  • gardez un léger déficit global, sans restriction brutale ni sortie à l’eau sur 4 heures ;
  • acceptez que le vélo soit un outil : c’est l’ensemble de votre hygiène de vie qui fait maigrir, pas la sortie dominicale suivie de l’apéro.

Pour aller plus loin

Le vélo reste un excellent allié santé et plaisir, à condition de le penser dans son ensemble.

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Texte : Jean-Pierre Giorgi