Le vélo à assistance électrique : un allié pour le cyclotourisme et la mobilité au quotidien

Le vélo à assistance électrique (VAE) n’est plus seulement un outil de transition écologique. Il s’impose comme un véritable levier de mobilité, de santé et même de pouvoir d’achat.
Une étude récente menée par Mathieu Alapetite pour la Fondation Jean-Jaurès, en partenariat avec Upway, révèle que son usage dépasse largement les clichés. Contrairement à l’idée reçue d’un produit réservé aux jeunes urbains, le VAE séduit avant tout les seniors,
les habitants des zones rurales et périurbaines, et s’intègre aussi bien dans les voyages à vélo que dans les déplacements du quotidien.La Fédération française de cyclotourisme vous propose de décrypter ces tendances et leurs implications pour les pratiquants de cyclotourisme et d’itinéraires vélo.


Le VAE, un outil de mobilité plus universel qu’on ne le pense

Un public senior et rural en tête

L’étude brise un premier mythe : les utilisateurs principaux du VAE ne sont pas les jeunes actifs urbains, mais bien les 50 ans et plus.
Avec un âge moyen de 55 ans pour les acheteurs de vélos urbains et 57 ans pour les modèles loisirs/VTT, les seniors représentent le cœur du marché.
Pourtant, seulement 5 % des Français associent spontanément le VAE à ce public.

Une opportunité pour le cyclotourisme : ces profils, souvent retraités, recherchent des activités de plein air et des voyages à vélo accessibles, sans effort excessif.

Autre surprise : 33 % des clients d’Upway vivent en zone rurale, et les métropoles sont sous-représentées.
Le VAE comble un vide dans les territoires mal desservis par les transports en commun, où il permet de substituer partiellement la voiture
pour des trajets courts (courses, loisirs, trajets pendulaires).
Pour les cyclotouristes, cela signifie des itinéraires vélo plus longs et plus ambitieux, même dans des régions peu dotées en infrastructures dédiées.

« Au quotidien, [le VAE est utile pour] tout ce qui fait jusqu’à 20 kilomètres, des petites courses, emmener des enfants au sport,
pour éviter la voiture au maximum. Et en vacances, c’est la même chose avec le côté plaisir en plus. »

— Femme de 50-65 ans, cadre, Ardèche (zone rurale)

Un usage avant tout récréatif… mais pas seulement

Si 50 % des possesseurs utilisent leur VAE pour des promenades ou du sport au moins une fois par semaine,
42 % l’emploient aussi pour se rendre au travail. Le vélotaf reste un usage prometteur,
mais son adoption bute sur des freins concrets :

  • Sécurité routière (42 % des utilisateurs citent ce frein en premier).
  • Manque de stationnements sécurisés (39 %).
  • Infrastructures inadaptées (35 %).

Pour les amateurs de cyclotourisme, ces données soulignent l’importance de choisir des itinéraires vélo sécurisés et bien aménagés,
surtout en zone périurbaine ou rurale.

Le VAE et le cyclotourisme : une alliance naturelle

Un atout pour les longs parcours et les voyages à vélo

Le VAE permet de réduire l’effort sans sacrifier le plaisir de pédaler, ce qui le rend idéal pour :

  • Les itinéraires vélo avec dénivelé (ex. : les routes des Alpes ou du Massif Central).
  • Les voyages à vélo en famille, où les différences de niveau physique peuvent être compensées par l’assistance électrique.
  • Le bikepacking léger, avec la possibilité d’emporter plus de bagages sans fatigue excessive.

« Même l’été en vacances, on voit des personnes âgées qui se mettent à pédaler et à suivre leurs petits-enfants.
Elles ne pourraient pas le faire avec un vélo musculaire. Ça débloque toutes les situations. »

— Femme de 50-65 ans, Ardèche

Un levier pour le « slow travel »

Le VAE s’inscrit parfaitement dans la tendance du voyage lent et immersif. Il permet de :

  • Explorer des régions sans stress, en adaptant son rythme.
  • Éviter la voiture pour des trajets de 10 à 30 km, typiques des boucles cyclotouristiques.
  • Combiner vélo et transports en commun (trains, bus équipés de porte-vélos), pour des itinéraires vélo multi-modaux.


Les freins à lever pour une adoption massive

Le coût : premier obstacle, mais des solutions existent

58 % des Français citent le prix comme frein principal à l’achat d’un VAE. Pourtant, des dispositifs comme :

  • Le forfait mobilités durables (jusqu’à 800 €/an pour les salariés).
  • Le bonus écologique (jusqu’à 400 € pour l’achat d’un VAE neuf).
  • Le leasing longue durée (via des employeurs ou des opérateurs comme Upway).

peuvent rendre le VAE plus accessible. Pour les clubs FFVélo, organiser des journées d’essai ou des partenariats avec des loueurs locaux peut aussi convaincre les indécis.

La sécurité et les infrastructures : des priorités

Les usagers réclament avant tout :

  1. Des pistes cyclables sécurisées et séparées (40 % des Français les jugent prioritaires).
  2. Des stationnements protégés (notamment en gare pour l’intermodalité).
  3. Des itinéraires vélo bien signalés, surtout en zone rurale.

La Fédération peut jouer un rôle clé en :

  • Cartographiant les itinéraires vélo adaptés aux VAE (avec indication des points de recharge).
  • Sensibilisant les collectivités à l’aménagement de voies vertes et de parkings relais.


Conclusion : le VAE, un partenaire pour le cyclotourisme de demain

Le vélo à assistance électrique n’est pas réservé à une élite urbaine ou sportive.
Il est déjà un outil de liberté pour les seniors, les ruraux et les familles, et son potentiel pour le cyclotourisme est immense.
En combinant plaisir, accessibilité et autonomie, il permet d’envisager des voyages à vélo plus longs, plus inclusifs et plus respectueux de l’environnement.

Pour la Fédération, l’enjeu est double :

  • Promouvoir le VAE comme un vecteur de cyclotourisme (via des articles, des témoignages, des guides pratiques).
  • Travailler avec les territoires pour développer des itinéraires vélo adaptés, sécurisés et connectés aux autres modes de transport.

« C’est la liberté, le vélo électrique. »

— Femme de 25-34 ans, Essonne


Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photo : JL Armand