Aventures

Istanbul à vélo : l’étape ultime du projet Tournesol

Istanbul à vélo : l’étape ultime du projet Tournesol

Julie et Gaël ont quitté Paris pour la Turquie avec une ambition claire : montrer qu’il est possible de voyager autrement

Après 9 000 km parcourus à vélo, les deux aventuriers ont enfin atteint leur objectif : Istanbul, ville-continent à cheval entre l’Europe et l’Asie, où se mêlent histoire, modernité et effervescence culturelle. Pendant sept mois, Julie et Gaël, lauréats de la bourse du Jeune Voyageur de la Fédération française de cyclotourisme, expliquaient leur destination finale en parlant de la Turquie. Leur projet, « Tournesol », vise à repenser le tourisme en promouvant un voyage plus durable, lent et solidaire.


Un voyage à vélo pour démontrer qu’on peut se dépayser sans aller loin

Julie et Gaël ont quitté Paris le 5 février 2025 avec une ambition claire : montrer qu’il est possible de voyager autrement, en privilégiant la lenteur, les rencontres et la découverte locale. « Nous voulions prouver qu’on peut se dépayser sans traverser la planète, simplement en prenant le temps d’observer, d’échanger et de s’imprégner des lieux », explique Julie.

Leur périple les a menés à travers l’Europe, jusqu’à la Cappadoce, en Turquie, leur point le plus à l’Est. « Quand on nous demandait où on allait, on répondait : « En Turquie ». Atteindre Istanbul, c’était un rêve », confie Gaël. Après cette étape symbolique, ils entament désormais leur retour vers la France, prévu pour le 12 décembre 2025.


Istanbul, une ville à explorer sans vélo

Arrivés à Istanbul, Julie et Gaël ont fait un choix : poser les vélos. « On a décidé de ne pas entrer dans la ville à vélo, car ça aurait été une source de stress. Ici, les trottoirs sont étroits, les rues bondées, et les conducteurs peu habitués aux cyclistes », raconte Julie. Une décision qui leur a permis de profiter pleinement de la ville, sans la pression de la circulation.

Istanbul se divise en trois grandes parties :

  • Le cœur historique, où se dressent la basilique Sainte-Sophie, la mosquée Bleue et le Grand Bazar.
  • Beyoğlu, quartier animé et cosmopolite, séparé du centre historique par la Corne d’Or.
  • La rive asiatique, plus moderne et polyculturelle, où se côtoient cafés branchés, street art et salons de tatouage.
« Istanbul, c’est un mélange d’Orient et d’Occident. On peut passer d’une ruelle traditionnelle où des Turcs jouent au Rami en buvant du thé, à une avenue commerçante remplie de boutiques pour touristes », décrit Gaël.

Découvertes et anecdotes : une ville aux mille visages

Balat, le quartier coloré et authentique

Julie et Gaël ont posé leurs valises à Balat, un quartier moins touristique mais riche en charme, connu pour ses maisons colorées et son ambiance chaleureuse. « C’est un endroit où l’on se sent bien, où l’on peut encore trouver une authenticité, malgré la montée des cafés à la mode », souligne Julie.

Les chats, rois d’Istanbul

Saviez-vous qu’Istanbul est la deuxième ville au monde avec le plus de chats sauvages, après Rome ? « Ils sont partout, et les habitants leur laissent de la nourriture et de l’eau. C’est une vraie institution ! », s’amuse Gaël.

Les mosquées et leur histoire fascinante

  • Sainte-Sophie : « Un monument incroyable, qui a été église, mosquée, musée, et de nouveau mosquée. Son histoire reflète celle d’Istanbul ».
  • La mosquée Bleue : « Construite pour rivaliser avec Sainte-Sophie, elle est sublime avec ses faïences bleues et ses six minarets ».
  • La mosquée Neuve : « Moins connue, mais tout aussi belle, avec ses pâtisseries et son bazar aux épices à proximité ».

Un bémol : le coût des visites

« Depuis 2024, les tarifs pour visiter les monuments emblématiques ont explosé. Sainte-Sophie coûte désormais 25 €, et le palais de Topkapi est passé de 7 € à 55 € ! », s’exclame Julie. Une raison de plus pour explorer la ville autrement, en se concentrant sur les quartiers vivants et les rencontres.


Une ville qui se vit la nuit

Si la rive européenne peut sembler trop moderne et commerciale de jour, elle s’anime la nuit. « On nous a dit que certains quartiers deviennent très festifs une fois le soleil couché. Dommage qu’on n’ait pas eu le temps d’en profiter davantage ! », regrette Gaël.


Un bilan positif et l’envie d’y revenir

Julie et Gaël ont passé cinq jours à Istanbul, et c’était trop court. « On a adoré cette ville, son énergie, sa diversité. On aimerait y revenir plus longtemps, avec un budget plus conséquent pour visiter les monuments… et pour que Julie puisse enfin acheter son tapis ! », plaisante Gaël. Leur aventure à vélo leur a aussi appris une leçon.

« Voyager, ce n’est pas seulement arriver à destination, c’est aussi savourer chaque étape, chaque rencontre, chaque imprévu. »

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : Projet Tournesol