Île-de-France : le vélo change d’échelle, l’enjeu est désormais de le rendre accessible à toutes et tous

Selon la dernière note de L’Institut Paris Région, le vélo est devenu en Île-de-France un mode de déplacement de masse : 1,8 million de Franciliens le pratiquent au quotidien.

La Fédération française de cyclotourisme ne peut que se féliciter de cette dynamique, née d’une mobilisation associative, et qui invite à poursuivre l’effort pour que chacun puisse pédaler, partout et en sécurité.

Des itinéraires continus, lisibles et confortables

Le Réseau Vélo Île-de-France (VIF, ex-RER V), amorcé en 2020 par des associations avant d’être repris par la Région, prévoit 11 itinéraires et 750 km d’ici 2030, avec une exigence de qualité : aménagements larges, continus et agréables, revêtement soigné, jalonnement cohérent. Il est réalisé à 63 % pour sa phase 1 (juillet 2026). Le Plan Vélo métropolitain y ajoute 260 km. Ces réseaux s’affranchissent des limites administratives grâce aux comités d’axe, où collectivités et associations travaillent ensemble.

Le vélo pour toutes et tous

Des inégalités persistent :

  • Femmes et hommes : les hommes font deux fois plus de vélo que les femmes. Mais plus les cyclistes sont nombreux sur un territoire, plus la pratique se rapproche de la parité.
  • Apprendre à tout âge : les vélo-écoles associatives, fréquentées à 80-90 % par des femmes, sont un levier d’inclusion sociale, y compris pour des personnes en situation de handicap. Côté jeunes, seuls 16 % des élèves de CM2 franciliens ont été formés en 2024 au « Savoir rouler à vélo », contre 28 % au niveau national.
  • Villes et campagnes : en zone rurale, seuls 1 % des déplacements se font à vélo, alors que près de la moitié font moins de cinq kilomètres. Pourtant, 18 % des cyclistes franciliens tués entre 2021 et 2024 l’ont été hors agglomération. Les voies vertes et les routes départementales à faible trafic offrent des pistes concrètes pour aménager ces territoires.

Des services pour donner envie de pédaler

Le service Véligo Location a séduit plus de 130 000 usagers : 46 % ne faisaient pas de vélo auparavant et seuls 6 % ont arrêté ensuite. Plus de 380 000 aides à l’achat ont été accordées depuis 2020. Le potentiel est aussi dans l’intermodalité : 97 % des Franciliens habitent à moins de 15 minutes à vélo d’une gare ou d’une station de métro, mais seuls 9 % des accès aux transports collectifs se font à vélo. Le stationnement sécurisé en gare (140 000 places visées en 2030) est donc essentiel pour combiner vélo et train, y compris depuis les territoires ruraux.

Les priorités pour la suite

La fin du Plan Vélo national et la raréfaction des moyens publics menacent les territoires les moins dotés en ingénierie. Il s’agit de faire mieux avec moins, notamment en repensant la place des véhicules motorisés sur la voirie. Quatre priorités se dégagent :

  1. des liaisons cyclables sûres jusque dans les espaces ruraux et périurbains ;
  2. l’égalité d’accès à la pratique, quels que soient l’âge, le genre, le milieu social ou les capacités physiques ;
  3. l’apprentissage du vélo, dès l’enfance et à tout âge ;
  4. le stationnement en gare et l’intermodalité vélo-train.

Le vélo est à la fois un moyen de se déplacer, de prendre soin de sa santé, de découvrir son territoire et de créer du lien. Sa réussite en Île-de-France repose sur les associations, les bénévoles et les collectivités qui avancent ensemble.

Pour découvrir l’intégralité de cette étude, rendez-vous sur https://www.institutparisregion.fr/nos-travaux/publications/lile-de-france-un-territoire-en-pleine-mue-cyclable/

Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : JL Armand