Publié le 28 octobre 2026
Testée entre Alençon et Saumur, puis au cœur de la présentation du Tour de France 2027, la nouvelle caméra de poche de DJI s’adresse à ceux qui veulent raconter leurs itinérances avec de belles images.
La nouvelle version de la caméra de poche de DJI est apparue cet été dans une déclinaison beaucoup plus professionnelle : l’Osmo Pocket 4P. Pour la mettre à l’épreuve, nous l’avons emmenée à la présentation du Tour de France, troisième événement sportif mondial en termes d’audience et de rayonnement. Car le vélo suscite des émotions, et c’est exactement ce que vous pouvez capturer à votre tour, que ce soit pour un grand voyage ou pour une sortie du dimanche destinée à la page Facebook du club.
Du blog au vlog : une longue histoire de récits à vélo
À la rédaction et au service communication de la Fédération française de cyclotourisme, nous utilisons ce type de caméra de poche depuis la version 2, apparue au début des années 2020. Elle a révolutionné le « vlogging », cette version vidéo du blog, lequel se présente sous forme d’articles illustrés de photos. Smartphones et réseaux sociaux ont fait naître une multitude de « petits journalistes ».
Je connais bien le sujet : j’ai été l’un des premiers blogueurs en France. Pendant une dizaine d’années, j’ai raconté mes « exploits » sportifs, en France comme à l’étranger. À l’époque, la star était la GoPro, qui tenait dans la poche ou dans le maillot. Pas de micro, pas de stabilisation, mais de l’émotion à l’état brut.
Aujourd’hui, la Pocket 4P offre un rendu cinématographique fluide, bien supérieur à celui d’une caméra d’action classique, grâce à sa nacelle mécanique à trois axes et à son double objectif. Cette stabilisation permet de filmer même sur les chemins de gravel ou en VTT sans que l’image ne tremble.
Deux optiques pour deux façons de raconter
Ce qui saute aux yeux, c’est la nacelle à double objectif. Pour les paysages et les vlogs, le grand-angle (équivalent 20 mm, ouverture f/2,0) s’appuie sur un tout nouveau capteur CMOS 1 pouce. Imaginez un panorama urbain à l’arrivée dans une ville étape, ou une vallée qui s’ouvre au sortir d’un col : tout y trouve sa place.
Pour les portraits et les détails, le téléobjectif de 60 mm (f/1,8) joue la carte de l’intimité. Son zoom optique 3× (jusqu’à 12× en numérique) et sa grande ouverture floutent l’arrière-plan et détachent votre compagnon de route du décor. Le cycliste devient le héros de la vidéo, avec une profondeur de champ qui donne aux images un vrai caractère de cinéma.
Filmer en roulant, mains libres
L’intérêt majeur pour le cyclotouriste, c’est cette nacelle stabilisée. Le mode « maintien de l’horizon » garde l’image droite, même sur une route déformée. Quelques réglages suffisent : 4K à 24 images par seconde, une vitesse d’obturation au double de la cadence (la règle des 180°), un filtre ND en plein soleil, et l’affaire est réglée. Ces filtres s’attachent désormais par aimant et vissage, ce qui évite de les perdre sur la route.
Côté son, les micros cravate se connectent et se clipsent en un instant. Un autre cycliste peut vous filmer de loin pendant que vous présentez la randonnée, avec une qualité audio parfaite. Le DJI Mic 3, glissé sous le maillot, capte la voix malgré le vent.
Le « self tracking » : votre cameraman de poche
C’est la fonction que j’utilise le plus. Posez la caméra sur un mur ou sur une perche grâce au pied fourni : elle tient parfaitement. Vous prenez la parole devant un lieu touristique et vous vous déplacez à droite ou à gauche, la caméra ayant « verrouillé » votre visage vous suit dans vos mouvements.
Cela fonctionne aussi pour un passage à vélo. Je plante souvent la caméra sur une perche au milieu d’un champ, perpendiculairement au chemin. Je passe devant, et elle effectue un mouvement de droite à gauche d’une grande fluidité, digne d’un plan de cinéma. Au gîte ou en pause sur les chemins, un mini-trépied permet aussi de vous filmer en marchant autour de votre vélo, l’appareil restant verrouillé sur vous.
Contre-jour, couchers de soleil et vitesse
Quel cyclotouriste n’a pas rêvé de filmer face au soleil couchant ? Avec le capteur 1 pouce et le profil D-Log 2 (10 bits, 17 stops de plage dynamique), les couleurs restent fidèles et le ciel conserve ses détails, même à contre-jour. Les transitions tonales restent fluides, ce qui laisse une grande marge à l’étalonnage en post-production. Ces spécifications ne parleront pas à tous, et ce n’est pas grave : comme dit l’adage, qui peut le plus peut le moins.
Pour les scènes d’action, par exemple une descente ou un sprint, le super ralenti (jusqu’à 8× en 4K/240 ips) donne des plans habituellement réservés au matériel de cinéma. Et pour les plus créatifs, le mode vidéo à obturation lente permet de tracer les mouvements de la lumière, de créer un flou de mouvement ou de capturer le passage du temps, pour une narration visuelle unique.
Pensée pour la route
- Enregistrement instantané : il suffit de tourner l’écran tactile pour allumer la caméra et lancer l’enregistrement. Je la sors de ma poche, ou de la sacoche de tube devant moi, et la vidéo est capturée en un instant.
- Autonomie et recharge rapide : environ 30 minutes de charge pour environ 3 heures d’autonomie. C’est largement suffisant si vous pouvez recharger le soir au bivouac. De mon côté, j’emporte toujours une batterie externe, qui alimente la caméra, le téléphone et parfois le compteur Garmin qui me guide sur ma trace.
- Mémoire interne : plus besoin de carte SD, une bonne nouvelle pour la randonnée.
- Une lumière additionnelle, comme un flash, permet de prendre la parole dans la pénombre. C’est un accessoire qui change tout.
Des vidéos pour la famille jusqu’au festival « tous en selle » !
Avec le combo caméra, micros, perche et pied, votre seule limite sera votre créativité. Notre journaliste Jean-Pierre Giorgi l’a testée lors d’un voyage de 4 jours sur la Vélo Buissonnière entre Alençon et Saumur (230 km), puis lors de la présentation du Tour de France 2027 le 22 octobre dernier. Son verdict : des images dignes d’un tournage professionnel, sans transformer une balade en production cinématographique.
Pour ceux qui veulent aller plus loin, pensez à Florito à vélo, lauréat de notre bourse jeune voyageur à vélo, qui a réalisé un film de Paris à Tokyo d’une grande qualité. Avec cette caméra, vous pouvez vous aussi tourner un film qui pourrait passer dès cet automne au festival « Tous en Selle », soutenu par la FFVélo. Ou simplement faire un « petit » film pour votre famille et vos amis. C’est à vous de voir !
Pocket ou Action 6 : choisir selon votre façon de voyager
La Pocket 4P est faite pour de belles images, idéale pour suivre une personne qui est le héros de la vidéo. Elle équipe d’ailleurs de nombreux journalistes, car il est extrêmement facile de filmer et d’enregistrer le son. C’est la caméra de ceux qui veulent raconter une belle histoire face caméra.
Sa nacelle stabilisée fait sa force, mais aussi sa fragilité. Pour les reportages en solitaire, comme c’est souvent mon cas, je trouve la DJI Osmo Action 6 plus pratique en voyage « outdoor » : plus robuste et résistante à l’eau. Si vous voulez une caméra que vous jetez dans la sacoche sans housse ni cache sur l’objectif, l’Action est plus adaptée.
L’idéal serait donc d’avoir les deux et de sortir la plus adaptée à la situation. J’ajouterais volontiers le mini drone DJI Neo 2, complément essentiel dont je ne peux plus me passer. Comme toujours, c’est une question de moyens, mais ces compagnons sont formidables pour le cyclotourisme. Je ne me lasse pas de les essayer : ils sont à chaque fois des prétextes pour raconter des histoires.
En pratique
- Prix de la version testée : 689 €
- Bundle testé : Osmo Pocket 4P Vlog Combo
- Plus d’informations : https://store.dji.com/fr/product/osmo-pocket-4p-vlog-combo?vid=241311
Texte et photos : Jean-Pierre Giorgi sauf photos studio : DJI