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La Vélobuissonnière : 4 jours entre Alençon et Saumur

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Suivez-nous sur La Vélobuissonnière, un itinéraire de 230 km qui relie la Normandie au Val de Loire. Voici le récit de quatre jours de cyclotourisme entre deux gares — et autant d’idées pour préparer votre prochaine escapade à vélo.

Il est 6h30 à Paris et je suis réveillé bien avant le réveil, comme un enfant la veille de Noël. Le vélo et ses sacoches sont prêts depuis la veille. Aujourd’hui, je pars découvrir La Vélobuissonnière, un itinéraire de 230 km qui relie la Normandie au Val de Loire en passant par les Alpes Mancelles, les vallées de la Sarthe et du Loir. Je connais très peu cette région, et c’est ce qui me plaît.

Direction la gare Montparnasse, où un TGV avec réservation vélo m’attend sur le quai n°2. Dans les TGV, les places pour vélos non démontés sont rares. Quand on en décroche une (10 € de supplément sur le billet), le confort est total. Je connais bien les TER, où certaines destinations tournent à la foire d’empoigne tant il y a de vélos à embarquer. Ce matin, la lumière du jour se lève et je suis serein. Le grand voyage commence à Alençon.

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Le vélo dans un TGV sans le démonter, c’est possible contre 10€. Voir modalités…

Jour 1 : Alençon, des Ducs aux Alpes Mancelles

Alençon, la Cité des Ducs

J’arrive à 9h30 et retrouve Marie-Claire, d’Alençon Tourisme, qui sera ma guide pendant près de deux heures. La ville s’est développée dès le XIe siècle autour d’un château proche de la Sarthe. Elle protégeait les portes sud de la Normandie face au Maine. Les Ducs d’Alençon y ont connu leur apogée au XVIe siècle, et la ville est aujourd’hui classée « Site patrimonial remarquable ».

On commence par le quartier Saint-Léonard, le cœur historique, avec ses ruelles et ses cours pavées secrètes (la cour Cochon, la cour Hébert) et ses maisons à pans de bois et en granit. Marie-Claire me fait lever la tête vers les blasons gravés au-dessus des portes. Les familles y avaient fait sculpter leurs armoiries, mais elles ont été martelées ou enduites et ont disparu. Au 123 Grande Rue, un ancien serrurier a laissé sur la façade une clef gravée dans le bois. Un peu plus loin, la Maison à l’Étal, du XVe siècle, est l’une des plus anciennes de la ville. Elle est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1926.

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La basilique Notre-Dame se dresse au centre de la ville depuis plus de six siècles. Sa construction a débuté pendant la Guerre de Cent Ans, et son porche gothique flamboyant est une vraie dentelle de pierre, l’un des plus beaux de Normandie.

Autre curiosité, la halle au blé. Cet imposant bâtiment circulaire coiffé d’une verrière, ouvert au commerce des grains en 1812, est unique en France par son architecture. Les Alençonnais en sont très fiers, et on les comprend.

Le musée des Beaux-Arts et de la Dentelle occupe depuis 1857 un bâtiment de l’ancien collège des Jésuites. On y découvre un savoir-faire unique au monde, la dentelle au point d’Alençon, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Elle s’est transmise pendant des siècles par un enseignement oral et gestuel. Aujourd’hui, seul l’Atelier national du point d’Alençon, créé en 1976, en perpétue la pratique avec une dizaine de dentellières.

Marie-Claire est une passionnée, et la visite aurait pu durer une journée entière. Mais une deuxième visite m’attend l’après-midi, et il faut se résoudre à prendre la route.

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Le rituel du sandwich

Avant de quitter la ville, j’achète un sandwich et une pâtisserie. C’est un rituel sur tous mes voyages à vélo. Je refuse presque toujours le restaurant, qui fait perdre du temps et casse le rythme. Si j’ai le temps, je m’arrête en pleine nature. Sinon, je mange en roulant, ce que les voies vertes permettent puisqu’elles sont coupées de la circulation.

Les Alpes Mancelles ? Vraiment ?

En direction de Saint-Céneri-le-Gérei, le terrain s’incline drôlement. Est-ce l’effet de la digestion de mon pauvre sandwich jambon-fromage, ou de mes sacoches trop lourdes ? Ma moyenne chute drastiquement. Renseignement pris, c’est l’effet Alpes Mancelles. Je ne savais pas que les Alpes avaient de la famille dans l’Ouest de la France.

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Les Alpes Mancelles au nord du Mans

Cette région naturelle s’étend sur la Sarthe, l’Orne et la Mayenne, au cœur du Parc naturel régional Normandie-Maine, également Géoparc mondial UNESCO. Elle est traversée par la Sarthe et la Mayenne. Elle forme l’extrême pointe du Massif armoricain et abrite le point culminant du Grand Ouest, le Mont des Avaloirs.

Le nom viendrait de Céneri, un ermite qui avait franchi les Alpes italiennes. Il s’est établi ici parce que les paysages lui rappelaient les panoramas alpestres. Quant à « Mancelles », c’est le féminin de « Manceaux », les habitants du Mans. Parmi les lieux à voir, on recommande le Haut Fourché, la vallée de Misère ou la Pierre Bécue. Je serre les dents et j’avale les dénivelés sans trop de peine. Je n’en suis qu’au premier jour, je dois avoir toutes mes ressources, non ?

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Seul face à la nature, un sentiment inexplicable…

Saint-Céneri-le-Gérei, le village des peintres

Après une ascension particulièrement corsée, je bascule vers mon rendez-vous. Saint-Céneri-le-Gérei est classé parmi Les Plus Beaux Villages de France® depuis les premières années du label. J’y arrive par le pont de pierre qui enjambe la Sarthe. La vue sur l’église romane et les petites maisons est très belle.

Fanny me retrouve à l’ancienne auberge des sœurs Moisy, devenue office de tourisme. Le village est né au VIIe siècle, quand l’ermite italien Céneri y a fondé un monastère. Au XIe siècle, la famille Giroie y a bâti un château, dont il reste des ruines. Selon Fanny, le nom du village vient de l’association de « Saint-Céneri » et de « Giroie ».

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Nous montons à l’église romane, perchée sur son piton rocheux au-dessus des méandres de la Sarthe. Son vrai trésor est à l’intérieur. Les murs du transept, du chœur et de l’abside sont couverts de peintures murales des XIVe et XVe siècles. La voûte en berceau est en bois de châtaignier, une rareté, avec des quadrilobes peints.

Nous descendons ensuite dans une clairière jusqu’à la chapelle du petit Saint Célerin, de la fin du XIVe siècle, bâtie là où se trouvait l’oratoire de Saint Céneri. La charpente, en châtaignier, ressemble à une coque de bateau retournée. Au sol repose un drôle de menhir couché, qui aurait servi de lit au saint. C’est là que Fanny sort ses anecdotes les plus croustillantes :

  • Une jeune femme en quête de l’âme sœur doit planter une aiguille dans les pieds de la statue de Saint Céneri. Si l’aiguille tient, elle trouvera l’élu dans l’année. Si elle tombe, rendez-vous l’an prochain pour une nouvelle tentative.
  • Les femmes qui souhaitent tomber enceintes n’ont qu’à s’allonger sur le menhir. Selon Fanny, cela marcherait aussi pour les enfants qui font pipi au lit. Le mystère reste entier.

Nous terminons la visite là où nous l’avons commencée, à l’auberge des sœurs Moisy. À la fin du XIXe siècle, les artistes et les villageois aimaient y faire ripaille chez Léonie et Adélaïde Moisy, qui avaient hérité de l’auberge de leur père. À l’étage, l’ancienne salle à manger est une vraie curiosité. À la lueur des bougies, les peintres s’amusaient à dessiner sur les murs, au fusain et à l’encre noire, le profil des clients, comme des ombres chinoises. Ils ont baptisé la pièce « la salle des décapités ». On en rit, et pourtant ça fait un peu froid dans le dos.

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C’est dans ce village que Corot, Mary Renard et Eugène Boudin sont venus séjourner et festoyer, quand les artistes quittaient leurs ateliers pour peindre « sur le motif ». Ils ont ainsi fondé l’école de Saint-Céneri.

Première nuit au « Bon air club »

Je traverse Saint-Léonard-des-Bois, qui a l’air mignon, mais je n’ai pas le temps de m’y attarder. Mon bivouac m’attend. Après une longue descente, je me retrouve face à un mur, une pente bien raide qui, en fin de journée, fait très mal aux pattes. C’est apparemment le prix à payer pour intégrer le Bon air club.

Ce camp de base est un village de cabanes en bois au cœur de la nature. Ce n’est ni un camping, ni un hôtel, mais un vrai village, vivant, beau et fonctionnel. On y vient pour vivre dehors et on reste pour le confort et les rencontres. Toute la philosophie de Vélocio est là. Je dors comme un bébé. Le vélo et le plein air sont les meilleurs somnifères.

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À deux coups de pédales du « bon air club »
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Jour 2 : cap au sud, jusqu’à la Cité Plantagenêt

Fresnay-sur-Sarthe, la médiévale

Ce matin, une brume enveloppe le paysage et donne à la région un air mystérieux qui me plaît bien. Après une nouvelle ascension, j’arrive à Fresnay-sur-Sarthe, perchée sur un éperon rocheux aux portes des Alpes Mancelles. Elle est considérée comme l’un des joyaux médiévaux des Pays de la Loire, et elle a été élue 2e Village préféré des Français en 2021. Elle est labellisée Petite Cité de Caractère et Ville et Métiers d’Art. Je fais un tour à vélo, puis je m’installe à la terrasse d’un bar pour un café et regarder la vie passer.

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Beaumont-sur-Sarthe et son humour

À Beaumont-sur-Sarthe, rien de très spécial côté architecture. Mais une boutique attire mon attention, un magasin de vélos nommé « Il est Beaumont vélo ». Le gérant est peut-être sensible à l’humour des salons de coiffure. Je salue le jeu de mots.

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Il est beau mon vélo ?

À la sortie de la ville, un pont romain enjambe la Sarthe. Le paysage est calme, et j’y fais ma pause sandwich du jour. Au menu, jambon-fromage. On ne change pas une formule qui gagne.

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Le Mans, hôtel particulier et pluie

J’ai rendez-vous à 17h avec Isabelle pour une visite guidée de la vieille ville. Le Mans est bien plus grand et étendu que je ne le pensais, et la vieille ville, comme mon logement sont au sommet d’une colline. Encore un petit effort avant le réconfort.

Devant l’adresse de ma chambre d’hôte, je me demande si je ne me suis pas trompé : on dirait un monument historique. Après avoir sonné, plus de doute. Chantal Le Priol m’accueille avec un large sourire. Elle est propriétaire de cet hôtel particulier depuis une vingtaine d’années, après d’énormes travaux de restauration. À peine le seuil franchi, la pluie se met à tomber. J’ai de la chance.

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La Cité Plantagenêt

Douche rapide, vêtements secs, et c’est le départ pour un voyage dans le temps. Le centre historique du Mans s’appelle Cité Plantagenêt depuis 2003. Il occupe les hauteurs de la ville, entouré d’une muraille gallo-romaine par endroits encore très bien conservée. Isabelle m’emmène percer les mystères du « Vindunum », l’ancien nom de la vieille ville.

Comme la pluie continue, nous commençons par la cathédrale Saint-Julien, l’un des plus beaux monuments religieux de France. On est saisi par l’immensité du lieu. Notre-Dame de Paris est connue dans le monde entier, mais la cathédrale du Mans est légèrement plus grande. Un article d’Ouest-France a comparé les deux édifices. Voici les chiffres :

Saint-Julien (Le Mans) Notre-Dame (Paris)
Longueur 134 m 128 m
Largeur 52 m 48 m
Surface environ 5 000 m² 4 800 m²
Hauteur sous voûte 34 m 33 m

Un petit coup de fierté pour les Manceaux. L’article complet est sur le site d’Ouest-France (« Le Mans : l’étonnant comparatif entre Notre-Dame et Saint-Julien »).

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Nous déambulons ensuite dans les vieilles rues, au charme incroyable et pour la plupart parfaitement conservées : la Grand Rue, la rue de Vaux, la rue de la Reine-Bérengère. Tous ces noms renvoient à l’histoire de la ville, berceau de la dynastie Plantagenêt. Henri II, futur roi d’Angleterre, est né au Mans en 1133. Son fils Richard Cœur de Lion y a séjourné, et l’épouse de ce dernier, Bérengère de Navarre, s’y est installée. Isabelle est intarissable sur les illustres ancêtres de cette ville qu’elle aime tant.

Jour 3 : la plus longue étape, de la faïence à l’apothicairerie

Une ville qui bluffe

Ce matin, la météo est plus clémente. Il y a du soleil, même si la température impose une veste. Je quitte Le Mans qui, je dois l’avouer, m’a bluffé par sa richesse patrimoniale. Je n’y étais jamais venu, et à part les 24 Heures et les rillettes, je ne connaissais rien de la ville. C’est une destination sous-estimée qui gagne à être connue. C’est ce que je vais modestement essayer de faire avec ce reportage.

Sur les chemins de halage

Je retrouve la trace de la Vélobuissonnière, qui m’emmène sur d’anciens chemins de halage. Un chemin gravel sans dénivelé, c’est exactement ce qu’il me faut en début de matinée. Le soleil est de retour et je m’offre une pause-café au bord de la Sarthe, à Fillé-sur-Sarthe. Il en faut peu pour être heureux.

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Les anciens chemins de halage sont des pistes parfaites pour le Gravel

Malicorne-sur-Sarthe, capitale de la faïence

Ma première étape est Malicorne-sur-Sarthe, surnommée la capitale de la faïence. Depuis le XVIIIe siècle, elle perpétue une tradition faïencière et céramique d’exception, réputée pour sa faïence ajourée. Elle est labellisée Ville et Métiers d’Art. On y pousse la porte des ateliers d’artisans d’art et on explore l’histoire de la terre cuite. Mais c’est la plus longue journée du séjour, 88 km, et je fais l’impasse sur le musée de la Faïence et de la Céramique, ainsi que sur le château. La Vélobuissonnière m’appelle.

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Une autoroute vers le bonheur

À partir de La Suze-sur-Sarthe, la Vélobuissonnière devient une vraie voie verte, sur une ancienne voie ferrée transformée en route à vélo. Bordée d’arbres, cette immense ligne droite ressemble à une autoroute vers le bonheur du cyclotouriste. Je passe La Flèche, connue pour son zoo. Je suis sur le grand plateau et le petit pignon, je file à toute allure. J’ai de nouveau rendez-vous avec l’histoire.

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Baugé-en-Anjou : sang de dragon et roi qui parle

Baugé-en-Anjou, Petite Cité de Caractère, impressionne tout de suite par son château du Roi René. À côté, son tribunal de première instance paraît démesuré pour une si petite ville. Je retrouve ma guide Sarah, qui malgré son jeune âge est incollable sur l’histoire de sa ville. Nous commençons par l’Hôtel-Dieu, et c’est un bond en arrière dans le temps.

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Le tribunal de première instance en impose…

L’hôtel-Dieu a ouvert ses portes aux malades en 1650. Deux femmes l’ont voulu pour accueillir et soigner les indigents de la ville et des environs : Marthe de la Beausse, religieuse baugeoise, et Anne de Melun, princesse d’Épinoy. Les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph y ont œuvré jusqu’en 1991, et l’hôpital a fonctionné jusqu’en 2001.

Le point d’orgue de la visite est l’apothicairerie, considérée comme la plus belle d’Europe. Classée monument historique et ouverte en 1675, elle abrite plus de 650 pots et boîtes. Leurs contenus aux noms mystérieux amusent petits et grands : sang de dragon, yeux d’écrevisses, poudre de cloportes… de vrais remèdes d’époque. Je ne suis pas sûr de vouloir connaître l’ordonnance.

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La très belle apothicairerie, l’une des plus belles et mieux conservées de France.

Sans temps mort, nous enchaînons avec le château du Roi René et sa scénographie contemporaine, qui s’accorde parfaitement avec ce lieu chargé d’histoire. Dès l’entrée, un magnifique portrait du roi René s’anime et nous souhaite la bienvenue. La surprise est totale. Nous parcourons la salle du Banquet, la chambre du roi réservée aux intimes, la chapelle et l’évocation de la Vraie Croix. Il y a aussi l’escalier d’honneur qui mène aux combles laissés à l’état brut, une salle de projection, un chevalier géant paré pour le tournoi, la « Forêt » qui évoque la nature chère au roi, et la magnifique voûte en palmier. À chaque étape, on va de surprise en merveille, au cœur de la vie de château au XVe siècle.

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Le château du Roi René date du 15e siècle

Dormir dans un loft sous les toits

Mon logement du jour mérite son paragraphe. Je dors aux anciens Grands Moulins de Baugé, qui appartiennent à Jeannie Lenglare, une femme qui a voué sa vie au théâtre et à l’art. Elle m’accueille dans un immense appartement sous les toits, d’environ 100 m², conçu en open space comme un loft. Je me sens tout petit dans cet espace. Le lieu est idéal pour une famille qui chemine sur la Vélobuissonnière.

Jour 4 : dernière étape, ne soyons pas tristes

En quittant Baugé-en-Anjou ce matin, j’ai un pincement au cœur. C’est le dernier jour. Je pédale doucement, comme pour prolonger le séjour, mais c’est inutile : les impératifs de « la vraie vie » me rattrapent. Je dois retrouver Maxime, de Sarthe Tourisme, qui vient m’apporter de la documentation et me dire au revoir. Et surtout, je ne dois pas manquer mon train à Saumur.

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Quand on partait de bon matin quand on partait sur les chemins…

La Vélobuissonnière s’achève en beauté, en serpentant dans la vallée horticole de Loire-Authion. À Longué-Jumelles, l’église Notre-Dame-de-la-Légion-d’honneur a la taille d’une cathédrale et paraît improbable dans une si petite ville. Si vous avez le temps, allez voir le moulin Hydronef, entièrement restauré.

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L’église Notre-Dame-de-la-Légion-d’honneur à Longué-Jumelles

Cette étape de 44 km me mène à Saumur, Ville d’Art et d’Histoire, célèbre pour les galas équestres du Cadre Noir et son vin mousseux. Comme le dit son office de tourisme : « Saumur, c’est bien plus que vous ne l’imaginez… » J’entre dans la ville par le pont Napoléon, avec la Loire sous mes roues. Au loin, sur sa colline, le château domine le fleuve de 60 m. Pris par le temps et la faim, je me contente d’admirer de l’extérieur les remparts et les murs de tuffeau typiques de la Loire.

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Pour une fois, je remplace mon traditionnel sandwich par un vrai déjeuner. La vieille ville, magnifiquement conservée, me fait penser à Angers. Je choisis un restaurant où de nombreux cyclistes sont déjà attablés. À mon avis, ce n’est pas forcément la cuisine qui les attire, mais le rack à vélos juste devant. Être commerçant, c’est savoir s’adapter à une clientèle de cyclotouristes en pleine croissance.

Mes conseils pour la Vélobuissonnière

Les étapes. L’itinéraire est court, et on peut le faire en 3 ou 8 étapes selon son niveau et son temps. Mes étapes : Alençon → Bon air club (41 km, Jour 1), → Le Mans (81 km, Jour 2), → Baugé (88 km, Jour 3), → Saumur (44 km, Jour 4).

Le vélo. Je recommande un gravel, comme pour la plupart des véloroutes françaises, car de nombreux secteurs sont sur terre ou en chemins de pierre. La plupart des couples croisés roulaient à assistance électrique. Moi, je suis encore au vélo « musculaire », ce qui a donné lieu à des fous rires. Un soir, le gérant d’une chambre d’hôte m’a demandé si j’avais besoin d’une prise pour recharger mon moteur.

Les transports. Pour rejoindre le parcours ou l’abréger, le car n°26 relie Le Mans à Saumur tous les jours, via La Flèche, Baugé-en-Anjou, Longué-Jumelles et Vivy. Ses racks accueillent les vélos. Les trains des lignes Le Mans–Alençon et Le Mans–Angers transportent aussi les vélos, sur réservation. Infos sur aleop.paysdelaloire.fr.

Les hébergements. Avec la marque Accueil Vélo®, vous trouverez abri vélo sécurisé, kit de réparation et point d’eau. L’itinéraire propose aussi des hébergements insolites : tentes bulles, dômes, roulottes, etc…

En conclusion

La Vélobuissonnière emmène en pleine nature sur de petites routes tranquilles et des voies vertes. On y contemple des panoramas d’Alpes Mancelles tout en restant près de la Sarthe. Et à la fin du périple, c’est la Loire qui vient vous saluer et vous dire… à bientôt.

Texte et photos : Jean-Pierre Giorgi

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Sur la Velobuissonniere, la Sarthe n’est jamais très loin de votre chemin