À la découverte de…

Cap sur le château de Bienassis : une escale patrimoniale sur la Vélomaritime

Le château de Bienassis vous offre un aperçu de la vie de château du XVe siècle à aujourd’hui. Suivons Nathalie pour une visite guidée…

Le propre du cyclotourisme est de mixer avec art la pratique du vélo et la découverte du patrimoine. La Fédération française de cyclotourisme vous emmène aujourd’hui sur la Vélomaritime, entre mer et terroir breton, pour une journée itinérante qui mêle embruns et noblesse d’un château habité. Au programme : le grand air du Cap Fréhel, quelques bosses côtières, puis une plongée dans cinq siècles d’histoire au château de Bienassis, à Erquy.

Premier sommet de la journée : le phare du Cap Fréhel

Notre itinéraire vélo débute à Plévenon, dans les Côtes-d’Armor, au pied du phare du Cap Fréhel. Pour y accéder, nous suivons la Vélomaritime, cet itinéraire vélo qui longe les côtes de la Manche.

À côté de la tour Vauban datant de 1702, considérée comme le plus ancien phare de Bretagne, se dresse le phare moderne du Cap Fréhel, toujours en service. Mesurant 33 mètres de hauteur, il fut construit en 1950 à la suite de la destruction du précédent phare par les Allemands en 1944.

Sa portée par temps clair est de 110 kilomètres : de quoi repérer la côte anglaise par jour de grande clarté, un argument de poids pour justifier l’ascension de ses 145 marches (à pied, cette fois, le vélo restera sagement au parking).

À ce petit jeu de la découverte, la Bretagne offre un terrain de jeu incomparable. Pour son premier grand voyage à vélo, Nathalie a justement choisi la Vélomaritime pour une découverte entre mer et terroir. Sa passion pour le vélo n’est rien à côté de celle pour les huîtres et les moules, et son escale à Cancale reste un souvenir majeur. Pour elle, pédaler est un prétexte pour aller à la rencontre des gens, des lieux et des coutumes. La Bretagne, et particulièrement les Côtes-d’Armor, offre pléthore de choix.

Entre Cap Fréhel et Erquy : les jolies bosses de la côte

Situé à une vingtaine de kilomètres plus au sud, le château de Bienassis à Erquy nous attend pour une visite culturelle. Comptez environ une heure de pédalage, mais ne vous fiez pas aux cartes : le littoral breton ne s’offre pas d’un coup de pédale. Quelques bosses côtières jalonnent le parcours, toujours récompensées par des points de vue sur la mer et les champs d’ajoncs. De quoi travailler le cardio avant la récompense patrimoniale — et savourer, à chaque descente, le parfum iodé qui accompagnent les cyclistes jusqu’à Erquy.

Bienassis, la vie de château à Erquy

Le château de Bienassis vous offre un aperçu de la vie de château du XVe siècle à aujourd’hui. Situé sur la commune d’Erquy, il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1945. Son mur d’enceinte crénelé, bordé par des douves encore en eaux, cache une belle façade Renaissance en grès rose. Ses extérieurs — parc forestier, jardin à la française et potager — forment un ensemble de plus de 60 hectares. Une halte bucolique idéale pour les voyageurs à vélo en quête de « slow travel ».

Les premiers témoignages concernant l’histoire du domaine mentionnent une motte féodale datant du XIIe siècle. La première construction en pierre du château, encore visible aujourd’hui, date cependant du XVe siècle. Le domaine est passé au fil des siècles entre les mains de nombreuses familles, qui ont chacune apporté leur empreinte à la résidence et à son parc. Détail rare et touchant : le château est habité depuis maintenant plus d’un siècle par la même famille, la famille de Kerjégu. Vous ne visiterez donc pas un musée figé, mais une demeure vivante.

Château de Bienassis
L’imposant château Bienassis vu du jardin à la française.

En autonomie, à votre rythme

En période estivale, nous avons opté pour la visite en autonomie — et nous ne l’avons pas regretté. Le principe : un parcours théâtral audio et des masques de réalité virtuelle en libre utilisation, pour découvrir à votre rythme les histoires et les vies qui ont habité les murs du château.

On flâne, on écoute, on revient sur ses pas : la formule parfaite pour les cyclotouristes qui aiment garder la main sur leur emploi du temps. Les visites guidées du rez-de-chaussée — escalier d’honneur, grand salon post-Renaissance, salle des gardes, cuisines médiévales, salle à manger du XVIIIe siècle — restent proposées toute la saison, tout comme les visites exceptionnelles de l’étage meublé, les jeudis en saison.

Château de Bienassis
Nathalie très à l’aise dans cette cuisine surannée et pourtant tellement actuelle.

Le potager et le jardin à la française, cœur de la promenade

C’est à l’extérieur que réside, pour nous, la plus belle surprise. Le jardin à la française, vu depuis la salle à manger du XVIIIe siècle, déploie ses broderies de buis avec une élégance toute classique, tandis que le potager, généreux et soigné, donne envie de repartir avec les sacoches remplis.

On poursuit vers le jardin d’agrément — refuge de moutons qui paissent sans complexe devant les visiteurs —, la partie ancienne des écuries et la chapelle des remparts. Des panneaux d’information sur les bâtiments, la faune et la flore jalonnent la promenade dans le parc forestier. Spectacles et animations complètent le programme tout l’été. Mais ce sera pour une prochaine fois pour Nathalie.

 

Infos pratiques

Tarifs

  • Adultes : 8 €
  • Tarifs réduits (PMR, étudiants, demandeurs d’emploi) : 6 €
  • Enfants de 4 à 14 ans : 4 €


Côté vélo
: des arceaux permettent d’attacher sa monture en toute tranquillité pendant la visite — de quoi profiter du château l’esprit léger. Nous avons pu mettre nos vélos avec les sacoches près de la caisse pour être plus détendus.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le château de Bienassis, rendez-vous sur www.chateau-bienassis.com

Texte et photos : Nathalie et Jean-Pierre Giorgi