Publié le 18 septembre 2026
Saint-Étienne, capitale du cycle, dévoile son nouveau parcours permanent : une immersion dans l’histoire et l’innovation du vélo.
La Fédération française de cyclotourisme a eu l’opportunité de visiter le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne, où un nouveau parcours permanent, intitulé « Vélo, moteur d’innovation », vient d’ouvrir ses portes. Une immersion dans près de trois siècles d’histoire du cycle, qui met en lumière les dimensions techniques, industrielles, sociales et commerciales du vélo, ainsi que le rôle majeur de Saint-Étienne dans son développement à l’échelle internationale.
Un écrin pour l’histoire du vélo
Dès l’arrivée aux portes du musée, c’est la splendeur du bâtiment qui abrite les collections qui surprend. Le hall d’entrée plonge immédiatement les visiteurs au cœur de l’histoire. Pour les amoureux du cyclisme, comme pour les néophytes, cette exposition est un vrai bonheur. On y découvre une frise chronologique vivante, avec de vrais vélos exposés, des premiers modèles en bois aux cadres en carbone des vélos modernes. L’occasion de revivre les grandes étapes de l’évolution du deux-roues, des pédales automatiques aux câbles de frein intégrés au cintre en passant par les dérailleurs électroniques.
Le musée, qui possède 450 vélos dans ses réserves, en expose actuellement 70, soigneusement sélectionnés pour leur représentativité. Marine Baron, responsable de la collection « cycles » au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne, a orchestré cette nouvelle scénographie avec passion. « Dès mon arrivée, j’ai été embarquée par ce projet », confie-t-elle. Les choix ont été difficiles, mais chaque pièce exposée raconte une partie de l’histoire industrielle et sociale du vélo.
Une scénographie épurée et immersive
La scénographie, épurée et mieux éclairée, met en valeur les vélos comme des bijoux en vitrine. Les dispositifs interactifs, comme celui permettant de comprendre la démultiplication d’un dérailleur, sont une réussite. « Avec une simple animation, la notion de braquet et de vitesses devient beaucoup plus simple à comprendre », explique Jean-Pierre notre journaliste. Et contrairement aux idées reçues, ces modules ne sont pas réservés aux enfants : « Nous étions plusieurs adultes à vouloir essayer, et les rires étaient assurés ! »
Vélocio et la Fédération : un héritage commun
Le musée rend hommage à Vélocio (Paul de Vivie), apôtre du cyclotourisme, dont l’héritage est bien représenté. « Sylvain Bois, responsable scientifique, est intarissable sur l’univers du vélo et sur Vélocio », raconte notre reporter. « Il nous a partagé de nombreuses anecdotes que j’ignorais, comme son opposition à Henri Desgrange sur l’introduction des dérailleurs dans le Tour de France. » Le musée expose également des affiches de la Fédération et le vélo du Paris-Pékin 2018, organisé par la Fédération, un moment fort pour les passionnés de cyclotourisme.
La collaboration entre la Fédération et le musée, entamée depuis 1993, se concrétise par la conservation des archives fédérales. « Pour accéder à la plupart de nos publications, il faut en faire la demande et accéder à un autre étage du bâtiment ».
Une exposition accessible à tous
Que vous soyez cycliste aguerri ou simple curieux, cette exposition est conçue pour tous les publics. Présentée comme une exposition d’œuvres d’art et de design, elle séduit par son approche pédagogique et ludique. « Lors de notre visite guidée, nous avons eu droit à de nombreuses anecdotes, souvent drôles, ce qui rend le vélo encore plus sympathique », souligne notre journaliste.
Un pèlerinage pour les passionnés de cyclisme
Cette visite à Saint-Étienne pourrait bien devenir un pèlerinage pour tous les passionnés de cyclisme et de cyclotourisme. « En une centaine d’années, les évolutions du vélo ont été nombreuses, et cette exposition le prouve : le vélo est plus que jamais un moteur d’innovation », conclut le journaliste sur place. « Il n’y a jamais eu autant de personnes qui roulent à vélo, que ce soit pour aller travailler ou pour les loisirs. Le vélo est bien plus qu’un objet, c’est un partenaire de mobilité et d’émotions. »
Rencontre avec Martine Cano
Vice-présidente en charge du Secrétariat général et de la Commission Culture et Patrimoine
La Fédération française de cyclotourisme entretient des liens étroits avec le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne depuis plus de 30 ans. « La Fédération et le musée ont organisé des expositions en commun par le passé, et cela reviendra sûrement, compte tenu des excellentes relations que nous entretenons », explique Martine Cano. Cette collaboration a permis de préserver et de mettre en valeur des pièces emblématiques, comme le vélo du grand voyage Paris-Pékin, cédé par Daniel Ravel, membre du bureau de la Fédération. « Ce vélo est un symbole fort de l’esprit d’aventure et de partage qui anime notre communauté », ajoute-t-elle. Raymond Henry, quant à lui, a contribué à remettre en ordre certains vélos présents dans les collections du musée, assurant ainsi leur accessibilité pour les visiteurs et les chercheurs.
Rencontre avec Marie-Caroline Janand
Directrice du Pôle muséal de Saint-Étienne
Le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne abrite une collection de cycles unique, née au début du XXe siècle grâce à la Chambre nationale du Cycle, qui a offert des vélos anciens. « Tout au long de l’histoire du musée, les conservateurs ont eu à cœur de constituer cette collection », explique Marie-Caroline Janand. Aujourd’hui, le musée propose une nouvelle scénographie pour son parcours « Vélo, moteur d’innovation », qui replace l’histoire du vélo dans une perspective mondiale, de ses origines à nos jours.
« Les choix se sont faits relativement facilement », précise-t-elle. « Quand on raconte l’histoire, il y a des incontournables, comme les ancêtres du vélo. Cependant, nous avons aussi réaxé la collection sur des périodes plus récentes, comme les vélos des années 1980, qui méritaient une salle dédiée. » Pour elle, le vélo n’a pas fini de surprendre : « Les innovations technologiques continuent, et le vélo reste un objet central dans la société, aussi bien en ville qu’à la campagne. Il a encore de belles heures à écrire, y compris dans un musée comme le nôtre. »
Pour aller plus loin
Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne
Adresse : 2 place Louis Combe, 42000 Saint-Étienne
Site web : mai.saint-etienne.fr/decouvrir/collections/collection-cycles
- Visite libre 6,70 € plein tarif / 5,10 € tarif réduit
- Visite guidée 7,70 € plein tarif / 5,60 € tarif réduit
- Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.
Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : Jean-Pierre Giorgi, Jérôme Abou