À la découverte de…

Le Paris-Changy de deux jeunes franciliens

Cyclotourisme

En cyclotourisme, la valeur n’attend pas le nombre des années. Deux de nos jeunes ont accompli un voyage itinérant sur les traces de leurs racines entre Paris et Changy dans le département de la Loire. Récit du voyage…

Nous l’avons rêvé ! Nous l’avons fait ! Nous, c’est Axel Watel et Gaston Allard. Nous sommes deux jeunes cyclistes de 17 ans, de clubs franciliens : l’Union Vélo Argenteuil et le Club Vélo Loisirs de Verneuil. Nous avons eu l’idée de réaliser notre premier voyage à vélo reliant Paris à Changy, le village de mes grands-parents dans le département de la Loire.

Près de 500 kilomètres à avaler en 4 jours, du 27 au 31 juillet. Même pas peur !

Étape 1 : Du pied de la tour Eiffel au camping de Joigny (Yonne)

La campagne après l’interminable sortie de Paris

 Nous nous sommes donné rendez-vous à 8 h au Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel. Une photo iconique pour commencer le voyage : nous n’aurions pas pu rêver mieux !

Notre première étape nous a conduits jusqu’à Joigny, ville médiévale historique. Si cette première étape est la plus longue, avec 162 kilomètres, c’est surtout la sortie de Paris qui nous a paru interminable. Les quais d’Austerlitz et de Bercy étaient bondés sur les pistes cyclables, tandis que, de Créteil jusqu’à Combs-la-Ville au moins, les pistes étaient parfois dans un état déplorable, nous obligeant à rouler au pas. Il nous aura fallu près de deux heures pour quitter la région parisienne. Après cela, c’était le début de la campagne.

Premier arrêt à Fontainebleau pour le casse-croûte, devant le château bien sûr ! Nous y avons rencontré un monsieur intrigué par nos sacoches, qui envisageait lui aussi de se lancer dans une aventure similaire. Nous avons également discuté avec un cycliste néerlandais qui entreprenait un voyage Paris-Bordeaux. Encore plus long…

Nous avons poursuivi notre route vers le sud de l’Île-de-France avant de nous enfoncer sur des routes totalement inconnues de nous deux. Nous avons ensuite changé de région pour découvrir la Bourgogne-Franche-Comté, toujours plus campagnarde.

La fatigue commence à se faire ressentir. Si nous n’avons rencontré ni vent ni chaleur excessive, nous faisons face aux premiers dénivelés du voyage. Ce ne sont que des « petites côtes », des « montagnes russes » comme nous aimons les appeler, mais avec des vélos de 15 kg, elles se ressentent vite !

Heureusement, nous rejoignons ensuite le chemin de halage qui longe l’Yonne. Cette dernière ligne droite est beaucoup plus plate. Un peu avant d’arriver à Joigny, nous croisons une écluse qui propose un accueil aux cyclistes voyageurs. Si vous passez par « La Prochaine Aire », à Saint-Aubin-sur-Yonne, n’hésitez pas à vous arrêter, pourquoi pas pour y planter votre tente le temps d’une nuit.

Enfin, cette première étape s’achève au camping municipal de Joigny. Nous avons mis 7 heures pour parcourir ces 162 kilomètres. Après un bon repas, une promenade digestive dans cette jolie cité médiévale est venue conclure cette première journée.

162 kilomètres – 988 m de dénivelé positif – 23,5 km/h de moyenne

Sur le chemin de halage qui longe l’Yonne.

Étape 2 : De Joigny (Yonne) à Séry (Yonne)

Grasse matinée, baignades et montagnes russes

 Grasse matinée pour commencer cette seconde étape ! En effet, ce 28 juillet, nous n’avions « que » 82 kilomètres à parcourir pour rejoindre Séry, un petit village au sud d’Auxerre. Départ à 10 h pile, et très vite nous retrouvons nos fameuses montagnes russes. Ça monte, ça descend, ça remonte, puis ça redescend… C’est épuisant !

Heureusement, les paysages sont magnifiques. Les villages bucoliques diffèrent totalement avec les grandes villes traversées la veille. À vrai dire, la première grande ville que nous croisons est Auxerre.

Nous décidons de nous y arrêter pour manger, derrière le stade de l’Abbé-Deschamps, antre de l’AJ Auxerre. Après cela, nous repartons sans avoir pu voir Guy Roux, avant de longer le canal du Nivernais (qui nous causera bien des galères plus tard.) Nous quittons ensuite la piste cyclable pour retrouver la route. Gaston, qui connaît bien la région, me fait découvrir un petit coin sympathique à Bessy-sur-Cure, où nous trempons nos pieds dans la Cure (la rivière).

Rafraîchissant… surtout quand le GPS affiche 38 °C ! Nous avons toutefois vite séché dans la côte suivante, qui nous mène jusqu’à Séry. Dans la descente, je crève de la roue arrière. Une fois la réparation effectuée, nous arrivons enfin à destination, où les grands-oncle et grande-tante de Gaston nous accueillent avec générosité.

Mais la journée n’était pas terminée : baignade dans l’Yonne pour récupérer, dégustation d’une délicieuse tarte aux pommes pour reprendre des forces, puis découverte d’un jeu de cartes. Impossible de s’ennuyer !

82 kilomètres – 650 m de dénivelé positif – 23,5 km/h de moyenne

En cas de canicule, rien de tel qu’une pause fraîcheur pour refroidir « la machine ».

Étape 3 : De Séry (Yonne) à Cercy-la-Tour (Nièvre)

Quand des jeunes font référence à Charles Antonin !

(Charles Antonin premier président de la Fédération moderne de novembre 1942 à août 1944 et photographe émérite)

Cette fois-ci, pas de grasse matinée ! Les températures annoncées sont très élevées. Nous savons que nous n’y échapperons pas, mais si nous pouvons les éviter au maximum. Départ donc à 8 h. Un dernier au revoir et un grand merci pour l’accueil, puis nous voilà repartis pour 118 kilomètres.

Nous avalons les trente premiers kilomètres en une heure, plutôt facilement. Mais l’entrée dans le Morvan se révèle être une véritable épreuve. Pour la première fois du voyage, nous faisons face à un fort vent de face. Une difficulté supplémentaire alors que nous gravissons de longues côtes, notamment à Bazoches, où l’ascension dure près de cinq kilomètres.

Quelques kilomètres plus loin, à Corbigny, nous faisons une pause fraîcheur dans un bar. Les températures deviennent vraiment élevées et nous n’avons parcouru qu’un peu plus de la moitié de l’étape.

Nous reprenons ensuite notre route en rejoignant les pistes cyclables qui longent le canal du Nivernais. Nous croisons de nombreux cyclotouristes, eux aussi chargés de sacoches.

Cette piste cyclable nous semble interminable : 35 kilomètres sans le moindre arbre, 40 °C, un peu de dénivelé à chaque pont qui nous paraît de plus en plus difficile à franchir. Les pauses fraîcheur aux écluses deviennent indispensables. Cette heure et demie nous semble interminable !

Enfin, nous arrivons à Cercy-la-Tour. Clairement, la journée la plus difficile du voyage ! Après notre arrivée, nous faisons le tour de la ville. Quelques jours auparavant, le Tour de France y est passé. Nous apprenons également que la ville est le lieu de naissance de Charles Antonin, président de la Fédération française de cyclotourisme dans les années 1940. Drôle de coïncidence !

La ville est magnifique et mérite largement le détour. Depuis la statue de Notre-Dame-du-Nivernais, la vue surplombe toute la ville. Pour conclure cette dure journée, nous savourons d’excellentes pizzas. Méritées !

118 kilomètres – 880 m de dénivelé positif – 23,3 km/h de moyenne

Étape 4 : De Cercy-la-Tour (Nièvre) à Changy (Loire)

Fatigue, déluge, côtes et clap de fin

Dernière étape de ce périple, et pas des moindres, avec 110 kilomètres et pas moins de 1 324 mètres de dénivelé positif.

Une nouvelle fois, les cinquante premiers kilomètres sont parcourus sans difficulté, à plus de 30 km/h de moyenne. Mais rien n’est jamais simple dans un voyage comme celui-ci. La fatigue des jours précédents commence à se faire sentir lorsqu’un véritable déluge s’abat sur nous. Une pluie qui dure avant le déjeuner, pendant le déjeuner et même après. Nous n’avons pas le choix : il faut s’y frotter. Les cinquante derniers kilomètres sont particulièrement éprouvants. Nous maintenons notre rythme, mais nous n’attendons plus que d’une chose : l’arrivée.

Petit à petit apparaissent des villages que je connais bien, pour y passer tous mes étés : La Pacaudière… Changy ! Il ne reste plus qu’une dernière côte à gravir. Et pas la plus facile : 1kilomètre à 7 % de moyenne, avec des passages à 14 %. Au sommet, nous apercevons enfin la maison qui marque la fin de cette magnifique aventure. Mes grands-parents nous attendent.

Ce sont eux qui donnent le véritable clap de fin à ce voyage. 110 kilomètres – 1 324 m de dénivelé positif – 24,1 km/h de moyenne. Nous avons ensuite passé trois nuits sur place. Au programme : ping-pong, Street Fighter et… vélo, bien sûr ! De quoi dépasser la barre symbolique des 500 kilomètres sur cinq jours. Des souvenirs, encore des souvenirs. Dans dix ans, nous nous rappellerons encore cette aventure. Et peut-être qu’à cette époque, nous aurons déjà réalisé des voyages encore plus longs. Car une chose est sûre : nous nous sommes déjà dit de recommencer.

Bilan du voyage

474 kilomètres/ 4 127 mètres de dénivelé positif / 19 h 57 de vélo / 23,7 km/h de moyenne

Texte et photos : Axel Watel (l’Union Vélo Argenteuil)