À la découverte de…

La Vélomaritime pour découvrir la Bretagne autrement

Le Mont Saint-Michel à vélo

Entre le Mont-Saint-Michel et Roscoff, la Vélomaritime déroule près de 300 kilomètres d’un concentré de Bretagne qui se révèle sous un jour unique grâce au vélo. Récit d’un couple voyageur…

La Vélomaritime offre un itinéraire de près de 300 kilomètres, reliant le Mont-Saint-Michel à Roscoff en immersion totale dans des paysages variés : falaises escarpées, ports pittoresques, plages de sable fin et une nature préservée.

« C’est un beau roman, c’est une belle histoire… » Les premières paroles de la chanson de Michel Fugain pourraient presque avoir été écrites pour la Vélomaritime. À ceci près qu’ici, pas d’« autoroute des vacances ». Il y a la Vélomaritime. Et sur cette route-là, on ne cherche surtout pas à aller vite, mais à savourer chaque instant, chaque coup de pédale, chaque rencontre avec le patrimoine breton.

Expérience de Nathalie et Jean-Pierre couple de parisiens à la recherche de dépaysement et d’aventure. La Vélomaritime ne les a pas déçus, bien au contraire. Explications…

La vélomaritime
Notre couple de voyageurs à vélo sur la Vélomaritime

La Vélomaritime, c’est quoi ?

La Vélomaritime est la partie française de l’EuroVelo 4. Elle relie Roscoff, en Bretagne, à Bray-Dunes, dans le Nord, sur près de 1 500 kilomètres.

Son parcours fait la part belle au littoral et traverse quelques-uns des paysages les plus emblématiques du nord de la France : le Mont-Saint-Michel et sa baie, la côte de Granit Rose, les plages du Débarquement, les falaises d’Étretat, la baie de Somme ou encore la côte d’Opale.

Pour découvrir la Vélomaritime, rendez-vous sur https://www.lavelomaritime.fr/

Pour en savoir plus sur les côtes d’Amor et les rochers de granit roses allez sur https://www.cotesdarmor.com/

Une aventure qui commence face à une merveille du monde

Notre périple débute à Pontorson, accessible en TER depuis Paris-Montparnasse. Après avoir préparé nos vélos, le paysage change radicalement. Le parcours jusqu’au Mont-Saint-Michel est sécurisé, loin de la circulation, et partagé avec les randonneurs. Et soudain, il apparaît : le Mont, majestueux, se détache dans la baie. Une vue à couper le souffle, qui marque le début d’un voyage hors du commun.

On fait le tour du Mont, on roule sur le sable humide, et on savoure un pique-nique face à l’une des plus belles merveilles du patrimoine français et même du monde. Des moments simples, mais intenses, qui restent gravés dans les mémoires.

Face au Mont Saint-Michel
Face au Mont Saint-Michel l’une des merveilles du monde.

En Bretagne, le plat est une exception

Direction Cancale, où une première leçon s’impose : la Bretagne n’est pas plate. Les côtes sont courtes, mais certaines montées rappellent aux jambes que le voyage ne sera pas de tout repos. Rien d’insurmontable, mais la répétition des dénivelés finit par se faire sentir.

Notre rythme ? Environ 60 kilomètres par jour. Mais rien n’oblige à suivre notre tempo. Une quarantaine de kilomètres quotidiens suffisent pour profiter pleinement de l’itinéraire, surtout pour les débutants. Le cyclotourisme, c’est avant tout une question d’adaptation. Et si les jambes commencent à protester, le vélo à assistance électrique peut faire toute la différence.

Cancale, Saint-Malo : la mer comme décor

À Cancale, les huîtres attendent les cyclistes affamés. Après l’effort, le plateau de fruits de mer prend des allures de récompense bien méritée. Mais le voyage à vélo, ce n’est pas que pédaler. C’est aussi la liberté de s’arrêter où bon nous semble.

À Saint-Jacut-de-la-Mer, une plage peut transformer une simple pause en moment de découverte. Puis vient Saint-Malo, avec ses remparts et son histoire de cité corsaire. Ici, le patrimoine ne se visite pas, il se découvre au fil du guidon.

Et il y a aussi des surprises plus discrètes, comme l’île du Guesclin, accessible à marée basse, qui fut notamment la propriété du chanteur Léo Ferré.

La vélomaritime
La vélomaritime
La vélomaritime

Cap Fréhel : l’instant où tout prend sens

Puis, le Cap Fréhel. Les falaises plongent vers la mer, le vent souffle, et le paysage rappelle parfois l’Irlande. La Vélomaritime passe au plus près du GR34, offrant une vue imprenable. C’est là que le vélo prend tout son sens. À vélo, on approche lentement, on entend le vent, on ressent l’effort accompli. Et surtout, on peut s’arrêter pour admirer, respirer, et repartir.

Bréhat : poser le vélo pour explorer

Après le Cap Fréhel, la route mène vers Paimpol, puis l’île de Bréhat. Ici, nous avons choisi de consacrer une journée entière à l’île. Un conseil pour ceux qui préparent leur voyage : il est possible d’embarquer son vélo, mais ce n’est pas forcément la meilleure option. Sur place, la marche permet d’accéder plus facilement aux rochers, aux plages et aux petits chemins. Bréhat mérite qu’on lui consacre du temps. Une journée minimum et si vous le pouvez, une nuit sur place est un must.

La Côte de Granit Rose, un spectacle à ne pas manquer

Perros-Guirec marque l’arrivée sur la Côte de Granit Rose. Les blocs de granit y prennent des formes surprenantes, évoquant parfois des animaux ou des objets imaginaires. Le matin, on la découvre depuis la mer ; l’après-midi, on l’explore à pied. La Côte de Granit Rose incarne une Bretagne sauvage, spectaculaire et authentique.

La vélomaritime
La Côte de Granit Rose proche de Perros-Guirec. Un spectacle à ciel ouvert.

Une véloroute accessible à tous

Faut-il être un grand sportif pour se lancer sur la Vélomaritime ? Pas forcément. Le parcours n’a rien d’une traversée alpine, mais il faut accepter les petites bosses et savoir gérer son effort. L’astuce ? Ne pas chercher à battre des records de vitesse. Adapter la distance à son niveau, prendre son temps, faire des pauses, et éventuellement opter pour un vélo à assistance électrique.

Pour les débutants, cette portion bretonne peut constituer un objectif après une première expérience sur une partie plus facile de la Vélomaritime, comme en baie de Somme ou sur la côte d’Opale. Et n’oubliez pas : il n’y a pas de honte à mettre pied à terre dans une côte.

Le vrai luxe : le temps

La Vélomaritime offre avant tout du temps. Le temps de regarder, de s’arrêter, de changer de programme, de prendre un chemin différent. Pendant notre voyage, les kilomètres n’ont jamais été une fin en soi, mais une opportunité de découvrir.

Les plus beaux souvenirs ne figuraient pas toujours sur notre feuille de route. Comme ces repas improvisés sur la plage, à Saint-Malo, où quelques produits locaux, un pique-nique et un coucher de soleil ont rivalisé avec les meilleures tables. Le cyclotourisme transforme parfois un simple repas en souvenir gastronomique.

Les petites galères font partie de l’aventure

Une grande itinérance ne serait pas complète sans quelques imprévus. Deux crevaisons nous ont rappelé que le cyclotouriste doit savoir se débrouiller. Mais ces moments peuvent aussi devenir des rencontres. Un couple de cyclotouristes nous a aidés, et quelques minutes plus tard, la réparation était faite. Sur les véloroutes, les cyclistes se reconnaissent… et s’entraident.

La vélomaritime
Le menhir de Cam Louis, est l’un des plus hauts de Bretagne. Il mesure 7 mètres de haut.

Roscoff, une étape avant la suite

Roscoff arrive comme une conclusion logique. Cette petite ville maritime, avec ses vieilles bâtisses, incarne l’histoire bretonne tournée vers la mer. Pour nous, c’est une pause bienvenue : deux jours de repos, avec spa et thalassothérapie en récompense. Après plusieurs centaines de kilomètres, le jacuzzi face à la mer prend une toute autre dimension.

Mais notre voyage ne s’arrête pas là. Roscoff n’est qu’une étape. Nous poursuivrons ensuite jusqu’à Brest par la V45, la Littorale.

La Vélomaritime, une autre façon de voyager

La Vélomaritime n’est pas simplement une ligne tracée sur une carte. C’est une façon différente de découvrir le nord de la France et la Bretagne. Elle relie des paysages exceptionnels et permet de les vivre progressivement.

Pour un cycliste expérimenté, c’est un terrain de jeu formidable. Pour un débutant, un objectif à préparer. Pour un couple, une famille ou un groupe d’amis, une aventure à partager. La seule règle ? Ne pas confondre voyage à vélo et course cycliste. La Vélomaritime se déguste, se mérite parfois, mais surtout, elle se savoure.

Alors, on part ?

Il y a quelques années en arrière, nous nous considérions encore comme des apprentis cyclotouristes. Après 19 jours de voyage et 750 kilomètres parcourus entre Paris, le Mont-Saint-Michel, Roscoff et Brest, nous avons changé de statut.

Nous sommes désormais de vrais cyclotouristes.

Mais cette aventure nous a surtout appris une chose : il n’est pas nécessaire d’être un grand sportif pour partir. Il suffit de choisir la bonne distance, le bon rythme, et d’accepter de prendre son temps.

Si vous aimez le vélo et les beaux paysages, la Vélomaritime a tous les ingrédients d’un grand voyage. Alors, plutôt que de prendre l’autoroute des vacances… prenez la Vélomaritime. Vous pourriez, vous aussi, tomber amoureux de la Bretagne au détour d’un chemin.

Texte et Photos : Jean-Pierre Giorgi

La Vélomaritime
Si vous aimez le vélo et les beaux paysages, la Vélomaritime a tous les ingrédients d’un grand voyage.