Publié le 12 septembre 2026
Paskal est un cycliste breton de 62 ans, qui a parcouru 4 185 kilomètres en 78 jours pour relier Montauban-de-Bretagne à Santiago de Compostelle, en boucle aller-retour. Récit du périple…
Paskal a entamé son aventure le 20 mai 2026, jour de son 62ᵉ anniversaire et premier jour de retraite après 37 années passées dans un abattoir. Son départ a été officialisé depuis le Mont-Saint-Michel, un lieu chargé de symboles, avant de rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port avec deux amis. Après une nuit passée au sanctuaire du Mont-Saint-Michel, l’aventure a vraiment commencé.
Son itinéraire ? Une boucle terre/océan, avec pour objectif de rallier Santiago de Compostelle avant de revenir à son point de départ. Un défi ambitieux pour un cycliste qui, malgré son expérience, découvrait pour la première fois une telle distance en autonomie.
Le Camino Francés : entre cols, bivouac et persévérance
Paskal a choisi de parcourir le Camino Francés, un itinéraire exigeant avec trois cols et quatre sommets majeurs. Dès le col de Roncevaux, après 19 km de montée, une première difficulté s’est présentée : sa selle s’est décelée aux trois quarts de l’ascension. Épuisé, il a dû terminer la montée à pied, faute de force dans les jambes. Malgré ce contretemps, il a poursuivi son chemin en autonomie totale, bivouaquant chaque soir sur des aires de camping-car ou des parkings proches de sanitaires publics.
Ses deux compagnons ont dû abandonner après seulement 9 jours : l’un pour des vertiges liés à la chaleur et à la fatigue, l’autre à cause d’une chute ayant tordu la fourche avant de son vélo. Se retrouvant seul, Paskal a traversé une période de doute, mais a finalement décidé de persévérer jusqu’à son but initial.
Santiago de Compostelle : une arrivée en solitaire, mais une victoire collective
Après 1 860 km et un mois de pédalage, Paskal est arrivé sur la place devant la cathédrale de Santiago de Compostelle le 20 juin 2026. Une performance remarquable pour un débutant en cyclotourisme longue distance, d’autant plus qu’il avait soigneusement préparé son équipement (campement, vêtements, kit de réparation), mais sous-estimé la difficulté du relief côté nord-ouest de l’Espagne.
Il a pris 4 jours de repos en auberge pour se remettre de sa fatigue et visiter les lieux avant de rejoindre le Camino, sous la pluie. Puis, il a longé l’océan Atlantique par le Camino Norte jusqu’à Irun/Hendaye, avant de reprendre la direction de la France.
Le retour : entre océan, fleuves et résilience
Pour le voyage retour, Paskal a emprunté la Vélodyssée et les routes océaniques jusqu’à Arcachon, puis Bordeaux, où il a traversé la Gironde et la Dordogne via les deux ponts successifs. Son parcours l’a ensuite mené vers Royan, La Palmyre, Saint-Nazaire et enfin Pénestin, à l’embouchure de la Vilaine.
Les défis n’ont pas manqué : pentes raides de 600 à 700 m de dénivelé, souvent après des baignades en mer, et des journées éprouvantes où il a dû pousser son vélo à plusieurs reprises. Malgré trois blessures sérieuses (infection au pied droit, foulure à la main droite), il a toujours trouvé la force de continuer, guidé par son mental de « baroudeur aguerri ».
Il a également mis en place des rituels matinals : échauffements, respirations et méditations pour se préparer aux cols et sommets du nord-ouest espagnol. Une hygiène de vie stricte, basée sur une alimentation riche en protéines et fibres, sans additifs, l’a aidé à tenir la distance.
Un accueil chaleureux et une aventure inoubliable
Paskal est revenu à Montauban-de-Bretagne le 3 août 2026, après 11 semaines et 4 185 km parcourus. Une vingtaine de proches, ainsi que des membres de son club cyclo local, l’attendaient devant la mairie pour fêter son retour. Une fin en apothéose pour une aventure entamée en janvier 2025, initialement prévue pour durer 3 mois sur environ 4 000 km.
Texte : Jean-Pierre Giorgi – Photos : DR / Paskal